Ou le nécessaire retour de la pharmacopée africain
Les dieux sont tombés sur la tête! Ce film a connu un succès considérable dans le monde, rendant le réalisateur et son interprète bochiman Nixau célèbres. La véritable vedette méconnue de cette production est, cependant, une plante : Hoodia gordonii, la plante grasse qui fait maigrir.
Hoodia gordonii est un cactus qui pousse naturellement dans la province du Cap Nord en Afrique du Sud. Il est cultivé par une ethnie de Bushmen, les « San ». Ces Bushmen, qui effectuent régulièrement de longues et éprouvantes campagnes de chasse dans le désert du Kalahari ont pris l’habitude de consommer du hoodia en mâchant sa tige, ce qui leur permet de rester pratiquement sans boire ni manger durant 3 ou 4 jours et de maintenir la vitalité nécessaire à leur activité.
Ces propriétés étonnantes n’ont pas tardé à attirer l’attention du Conseil sud-africain pour la recherche industrielle et scientifique, qui a breveté en 1995 la principale molécule active de ce cactus sous le nom de code P-57. Cette molécule agit directement sur la partie du cerveau contrôlant la satiété, comme le fait le glucose. Mais contrairement au glucose, cette molécule n’apporte aucune calorie ! Elle « trompe » donc le cerveau en lui laissant croire qu’il vient juste de manger. En somme, Les personnes qui ingèrent du hoodia n’ont donc tout simplement plus envie de manger, même à l’heure des repas.
Face à cette découverte, les grands groupes pharmaceutiques se sont vite empressés de s’approprier cette découverte et pour cause: les problèmes d’obésité représentent le plus grand marché de produits pharmaceutiques au monde. On a qu’à faire une recherche sur l’industrie des cures d’amaigrissement pour s’en rendre compte.
La pharmacopée africaine est riche et variée.
Des plantes connues comme le
gombo (abelmoschus esculentus) intervenant dans la grossesse et l’accouchement ainsi que les maladies du nouveau né, à l’artemisia en vedette aujourd’hui pour ses propriétés antipaludiques et possiblement antivirales (blocage du récepteur de l’angiotensine 2, une des possibles portes d’entrée du SARS-Cov2), notre bibliothèque végétale est immense.
Le drame que nous africains vivons aujourd’hui est la disparition progressive de nos bibliothécaires. La transmission du savoir a depuis longtemps été rompue et ce

savoir disparaît à petit feu. Mais peut être plus pour longtemps: des chercheurs comme le docteur Jérôme Munyangi ont réveillé l’engouement pour nos plantes traditionnelles. Imaginez la richesse cachée dans l’iboga (utilisée dans les rites initiatiques des peuples Ekang), du voacanga africana et de milliers d’autres plantes.
- Iboga
- Fruit de Voacanga africana
- Fleurs de Voacanga africana .
- Voacanga africana mature.
Il est temps qu’une action concertée soit mise en place pour ressusciter ce savoir. Que les autorités académiques, gouvernementales, les acteurs de la recherche africaine délaissent le dictât des lois occidentales pour retourner à la chose la plus simple dans nos villages: la science d’observation documentée.
” Nos guérisseurs ne sont pas tous des charlatans.Ils sont de véritables bibliothécaires de la richesse de la nature. Sortons donc du confinement dans lequel nous nous sommes volontairement enfermés et faisons revivre notre gloire d’antan.”
Corona ou pas, l’Afrique est l’éden de la science par sa diversité. Faisons chacun le choix de nous traiter par cette pharmacopée afin de lui redonner ses lettres de noblesse. Personne ne le fera à notre place.
Information complémentaire: http://bakuba.eklablog.com/plantes-medicinales-africaines-c…






